Suicide politique des parlementaires haïtiens ?

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Suicide politique des parlementaires haïtiens ?

Moshe Levy Strauss

Analyste politique

de la

www.omegaworldnews.com

11 août 2013

 

En Haïti aujourd’hui, les enjeux politiques sont bien plus compliqués qu’ils paraissent.  Dans cet état en faillite et improductif, les institutions publiques sont dysfonctionnelles, et un processus démocratique enclenché depuis plus d’un quart de siècle, et à l’avenir toujours incertain, semble être gravement compromis par un nouvel autoritarisme fasciste.

 

Dans de pareilles circonstances, seuls les hommes et femmes d’état du parlement haïtien ont le pouvoir de réorienter l’action de l’état vers la satisfaction des besoins essentiels de la population, plutôt qu’à celle, égoïste et antinationale, des tenants d’un pouvoir exécutif qui s’identifient eux-mêmes à des bandits légaux.

 

Les parlementaires seront-ils à la hauteur de cette situation historique et exceptionnelle, ainsi que de la mission que leur a confiée leurs mandants, ou préfèreront-ils commettre leur propre suicide politique comme les y invitent le président Martelly et son premier ministre Laurent Lamothe ?  En d’autres termes, les parlementaires haïtiens vont-ils aider le régime Martelly/Lamothe à une dissolution de facto du parlement haïtien ou préfèreront-ils sauver la jeune démocratie haïtienne, ainsi que leur propre avenir politique ?

 

Même des aveugles politiques peuvent voir que l’exécutif haïtien désire rendre inopérant un parlement dont la soumission totale tarde à se manifester, en envoyant aux calendes grecques les élections devant renouveler le tiers du Sénat de la République.  Mais ce n’est pas seulement le Sénat qui subirait un préjudice en ne pouvant pas siéger.  Les députés de la Chambre basse ne pourront pas non plus voter une loi quelconque, puisque sa ratification par un Sénat caduque deviendrait impossible.  Les parlementaires encore en siège, autant au Sénat qu’à la Chambre basse commettraient ainsi un suicide politique, qui faciliterait la consolidation d’une dictature féroce et meurtrière, dont les plus âgés des haïtiens en gardent encore un goût amer et un souvenir douloureux.

 

Comment défendre la démocratie haitienne de ces individus vains et vulgaires qui représentent le pouvoir exécutif ?

 

Il faut :

 

1.        Elargir le conflit déjà ouvert, provoqué par l’exécutif avec le parlement sur la question des élections, par la ratification autant au Sénat qu’à la Chambre basse, du rapport de la commission sénatoriale d’enquête sur le décès du juge Jean Serge Joseph ;

 

2.        Notifier l’exécutif et le peuple haïtien d’une nouvelle résolution sénatoriale, soutenue par la Chambre basse, pour l’extension du mandat de ceux qui doivent faire face aux élections, jusqu’ à la réalisation de celles-ci, puisque des élus ne peuvent être remplacés par le vide, mais par de nouveaux élus selon le vœu de la constitution ;

 

3.        Veiller à l’implémentation du rapport  de la commission sénatoriale d’enquête sur le décès du juge Jean Serge Joseph, et destituer les tenants du pouvoir exécutif qui se réclament être des bandits légaux;

 

4.       Communiquer directement avec le peuple haïtien pour lutter contre la propagande constante et mensongère alimentée par l’exécutif.

 

Dans toute son histoire récente, jamais Haïti n’a connu un moment aussi important et périlleux.  Parlementaires d’Haïti, vous les hommes et femmes d’état qui représentez la nation haïtienne, aidez le pays à choisir la liberté et la prospérité promises par ses ancêtres.  Unissez-vous pour barrer la route à une nouvelle dictature qui, comme les précédentes, vous emportera tous.

 

Vive la démocratie haïtienne !

 

M.L.S

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