#HAITI WEAPONS: *COMMERCE ILLICTE D’ARMES**Les trafiquants d’armes ont la partie belle en Haïti*

 

 

31 Octobre  – 7 Novembre 2018*
*COMMERCE ILLICTE D’ARMES*
*L’ex-directeur général de la PNH Godson Orélus écroué à Saint-Marc*
L’affaire relative à l’importation clandestine d’une importante cargaison d’armes, en septembre 2016, découverte à la Douane de Saint-Marr, vient de rebondir demanière spectaculaire, le vendre-di 26 octobre, suite à l’ordre de mise en dépôt de Godson Orélus, ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH).
Lors de sa deuxième comparution au tribunal, dans le cadre de ce dossier, vendredi dernier (26 octobre), le juge et juge instructeur Dieunel Lumérant, du Tribunal de première instance de cetteville, a ordonné que M. Orélus soit mis en détention pour avoir autorisé l’importation d’armes par une compagnie n’ayant aucune qualité de mener pareilles activités.
En effet, dans le mandat de dépôt de Godson Orélus, le juge Lumérant stipule que « (..) inculpé de complicité de crime transnationale, trafic illicite d’armes à feu, de munitions et d’association de malfaiteurs, lesquels faits sont prévus et punis par le Code pénal haïtien en ses articles, 44, 45224 et le décret du 18 avril 2005 ratifiant la Convention interaméricaine contre la fabrication et le trafic illicite d’armes à feu, de munitions, d’explosifs et d’autres et d’autres matériels connexes».
Aussi le même mandat requière-t-il à tous les huissiers et agents de la force publique, aux commissaires du gouvernement près les Tribunaux de première instance, à tous commandants et officiers de la force publique d’exécuter le requis d’amener de force Godson Orélus; et au commandant de la prison de Saint-Marc de le recevoir et de le garder en détention, jusqu’à nouvel ordre.
*Victime d’un complot?*
L’avocat de Godson Orélus, Jean Eugène Pierre-Louis, dénonce un « complot». 
Dans sa déclaration à l’organe de presse en ligne Juno7, il a dénoncé ce qu’il assimile à un montage contre son client. L’homme de loi a indiqué que _«Normalement, l’ancien DG devait être entendu en tant que témoin et non comme inculpé dans le cadre du dossier de cargaison d’armes et de munitions saisies à la Douane de Saint-Marc en septembre 2016 sous la présidence de Jocelerme Privert»._
Me Pierre-Louis a expliqué qu’effectivement après avoir reçu du demandeur d’autorisation d’effectuer les achats, en l’occurrence Jimmy Joseph, représentant de la compagnie _« Global Dynasty Corp. S.A. », M. Orélus lui avait donné l’autorisation d’importer « une cargaison d’armes de poing et de calibre 12»._
Selon l’avocat, _« la cargaison trouvée à la douane de Saint-Marc et pour laquelle mon client se trouve aujourd’hui derrière les barreaux, n’a rien à voir avec l’autorisation signée par mon client»._ Cité par le quotidien Le Nouvelliste, dans l’édition du 26 octobre de ce journal, Jean Eugène Pierre-Louis a relevé le caractère illégal de la décision du juge Lumérant. En effet, s’est insurgé ce dernier : _« Nous sommes enface d’un cas d’abus d’autorité caractérisé. Le directeur général n’a jamais été inculpé, il a été invité à titre de témoin, dans le cadre d’une instruction du juge Lumérant Dieunel qui enquête sur la compagnie de sécurité Global Dynasty Corps S.A. Le juge a voulu vérifier si effectivement l’ancien chef de la police avait donné l’autorisation d’achat d’armes à feu à cette compagnie et quel type d’autorisation il avait donné»._
Toutefois, après l’audition, s’est produite une intervention insolite : *l’introduction dans la salle de deux agents de sécurité qui ont tout bonnement passé les menottes à l’ancien directeur général de la PNH*. Ce qui a porté l’avocat à demander au juge ce qui se passait. _« Il m’a fait savoir qu’il reçoit des pressions des ambassades dans ce dossier »,_ a expliqué l’avocat de M. Orélus.
*Les trafiquants d’armes ont la partie belle en Haïti*
L’ex-directeur général de la PNH pourrait bien servir de tremplin aux Américains se colletant depuis des années avec le problème de trafic d’armes en Haïti où les trafiquants trouvent des conditions favorables pour mener leurs activités illicites.
*Car entre l’importation de mitraillettes Galil par Laurent Lamothe et Salim Soukar jusqu’à celle d’avril de 2016, à laquelle se trouve trempé Godson Orélus*, en passant par un container d’armes de la MINUSTAH qui disparut de la Douane de Port-au-Prince sans laisser de traces, les autorités américaines entendent aller au fin fond du mystère. C’est pourquoi, quand le juge Dieunel Lumérant parle de *« pressions des ambassades»,* on peut deviner de qui il parle.
Surtout que les trafiquants d’armes, dont l’importation implique l’ancien chef de la PNH, sont présentement l’objet d’une inculpation aux États-Unis précisément pour cette même cargaison interceptée au port de Saint-Marc et dont ce même juge Lumérant est chargé de faire l’instruction.
En effet, à la faveur d’une complicité systémique des moyens de contrôle de la circulation d’armes en Haïti favorisant la contrebande à grande échelle de ces engins de la mort, les contre-bandiers d’armes haïtiens prospèrent.
Quand des quartiers en quartiers, à la capitale haïtienne, sont transformés en zones de non droit par les groupes armés qui s’yinstallent, opposant un vrai défi aux forces de l’ordre qui, bien souvent, sont tenues en respect, les Américains s’inquiètent.
Cette crainte se renforce à l’idée que *des armes de la Police haïtienne sont identifiées à la Jamaïque, ou encore, toute récemment, découvertes à Santo Domingo, à l’occasion d’une attaque à main armée contre une banque, à la capitale dominicaine.*
Depuis l’attaque terroriste du 11 septembre 2000, ce gendre d’activités s’ajoutant au transferts clandestins d’argent préoccupent on ne peut plus les dirigeants américains multipliant effort et ressources, dans le cadre des stratégies de défense.
Avec le trafic illégal de drogue et d’armes qui se donne libre cours en Haïti, *favorisé par certaines banques haïtiennes favorisant le blanchiment de capitaux, les Américains se retrouvent constamment sur les dents.*  Aussi Haïti est-il placé sous haute surveillance. Dans les lunettes de l’Once Sam depuis des années.
L’affaire des armes de Saint-Marc à laquelle trempe Godson Orélus est loin d’être une mince affaire. Dans la mesure où, ce dernier, dans l’exercice de ses fonctions, octroyait l’autorisation d’importer les armes à feu dans le respectdes lois et du protocole établi, ilpourrait éventuellement sortir dece pétrin.
Mais pas avant d’avoir révélé l’identité des gros bonnets de la mafia importatrice d’armes à feu. Car depuis des années que les agents fédéraux du «Bureau of Alcool, Tobacco, Firearms and Explosives » (BAT FE) sont déployés en Haïti, plusieurs cargaisons d’armes à feu ont été introduites clandestinement dans le pays. Bien que les autorités fédérales concernées aient suivi la trajectoire de ces expéditions illégales, ils semblent œuvrer pour démanteler définitivement le réseau, une fois tous ses acteurs identifiés. Des incidents survenus en Haïti font croire que les autorités fédérales ne chôment pas, en cequi concerne Haïti.
Comme, par exemple, l’assassinat, il y a plus de six ans, d’un agent de du BATFE à Laboule, dans les hauteurs de Pétion-Ville, en Haïti, un cas qui n’a jamais été résolu. Un autre, qui a retenu l’attention des Américains, est celui de *l’importation d’une cargaison de la fameuse mitrailleuse israélienne «Galil» menée par l’ex-Premier ministre Laurent Lamothe et son alter-ego Salim Soukar*. Ces armes n’ont jamais été distribuées aux policiers, alors qu’elles ont été identifiées parmi celles se trouvant entre les mains des gangs évoluant dans les no man’slands de la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Un autre incident, que les responsables américains cherchent à pénétrer, est celui d’un container, dans lequel se trouvaient entassées des armes appartenant à la *MINUSTAH, qui a été détourné par des personnes non autorisées*.
Un remorqueur avait, apprend-on, traîné le container hors du périmètre de la Douane de Port-au-Prince, pour disparaître dans les sinuosités des rues et ruelles de Port-au-Prince, sans laisser de traces.
La cargaison d’armes interceptée au port de Saint-Marc, à la fin de l’an 2016, et à la faveur de laquelle l’ex-directeur général de la Police Godson Orélus a atterri en prison, s’inscrit dans une série d’activités *que suivaient de près les Américains.* Cette dernière cargaison d’armes importées par la Global Dynasty Corps, LLC, société commerciale supposément immatriculée en Haïti ayant pour responsable Jimmy Joseph,et vendues par le frère de ce dernier, Junior Joël Joseph, qui a sa compagnie du même nom, soit Global Dynasty Corps LLC, immatriculée en Floride (Miami) ayant pour siège social à Orlando.
Dans l’acte d’inculpation émis contre ce dernier, il est dit que d’autres personnes ayant participé à cette conspiration, *comme Klétex Laguerre and Normy Saul Bata*, sont recherchés. Bien que le nom du frère de l’accusé, Jimmy Joseph, soit cité dans le document, il n’est pas inculpé par la justice fédérale. Il semble qu’à l’analyse du dossier, les autorités fédérales aient souligné le caractère louche de cette transaction.
Car JuniorJoël Joseph ne s’est pas donné la peine de soumettre la *demande d’achat d’armes de son frère aux autorités américaines compétentes pour les suites légales requises.* On apprend que normalement le formulaire de demande d’achat est soumis au Département d’État dont la responsabilité consiste à vérifier que les armes exportées soient conformes à celles décrite dans l’autorisation obtenue par l’importateur, en l’occurrence Jimmy Joseph.
Il semble aussi que les autorités fédérales aient constaté que l’autorisation d’importation d’armes octroyée à Global DynastyCorps LLC (version haïtienne), par les autorités haïtiennes (Godson Orélus), ne soit pas à jour, *l’importateur ayant utilisé un document portant une date antérieure à celle indiquée sur le manifeste de la cargaison de 2016 (livré deux ans plus tot). À noter quel’autorisation que possède Jimmy Joseph porte la date du 1er octobre 2014,* suivant avis émis à cette date par le titulaire du ministère du Commerce et de l’Industrie, qui était alors Wilson Laleau.
Bien que l’autorisation délivrée à Global Dynasty Corp LLC porte sur l’importation de 50 « armes de poing », la cargaison confisquée à la Douane de Saint-Marc est capable d’armer tout un régiment. Lors de la saisie effectuée à la Douane de Saint Marc, le procès-verbal avait établi, parmi les armes confisquées : 150 fusils calibre 12,9 fusils calibre 12 double canon; 5 fusil M-4; 15 paires de menottes; 10 paires de bottes; 50 caisses de 50 unités de cartouches calibre 3;, 4 caisses de 1000 unités de cartouches 9 mm;10 caisses de 250 unités de cartouches calibre 12,7; chargeurs calibre 5,56 mm; un chargeur M-14; 12 uniformes avec chemises noires et pantalons bleus; 5 gilets tactiques; un pistolet Gluck 9 mm BCB2761.
De toute évidence, cette cargaison d’armes confisquées à Saint-Marc, qui fait l’objet de cette dispute entre l’ex-directeur général de la PNH Orélus et la justice haïtienne, doit coûter une somme importante aux importateurs. Il y a fort à parier que *le vrai client derrière cette transaction pourrait être un des trafiquants d’armes dont les noms sont parfois signalés dans le public, ou une des grosses légumes du pouvoir tèt kale.*
Tout compte fait, ce dossier risque d’ouvrir une boîte de Pandore. Dans ce cas, *les membres de la pègre spécialisée dansle trafic d’armes à feu en Haïti* doivent avoir beaucoup à s’inquiéter, car le moment est venu pour une intervention musclée du grand voisin dans ce secteur, après une enquête qui paraît avoirtrop duré.
*CONTREBANDE D’ARMES EN HAÏTI*
*Les autorités haïtiennes impliquées à fond*
Si Godson Orélus, l’ex-chef de la Police nationale d’Haïti incarcéré à la prison de Saint-Marc, sous l’accusation d’implication présumée dans la contrebande d’armes et d’association de malfaiteurs, suite à une décision du juge instructeur Dieunel Lumérant, ne connaît pas les tournants et aboutissants de cette vaste conspiration dans laquelle les autorités du pays jouent un rôle central, il va sans dire qu’il aura la surprise de sa vie.
Car on aura fait de lui « le dindon de la farce».
Selon l’enquête menée par H-O, la compagnie Global Dynasty Corps S.A. est une structure mise en place par le pouvoir tèt kale voulant s’ériger en distributeurs d’armes illégalement dans le mon de interlope, en Haïti et ailleurs dans l’hémisphère. Il semble que les Américains, qui font pression pour que l’ex-patron de la PNH livre ses secrets, aient «découvert le pot aux roses». Car même le nouveau chef du gouvernement ne serait pas innocent dans cette affaire.
Selon des sources prochesdes milieux tèt kale, les dirigeants haïtiens sont intervenus à tous les niveaux du processus de mise sur pied de cette société anonyme, en vue d’assurer que la Global Dynasty Corps S.A. est « Open for Business». *Ce qui veut dire que Jimmy Joseph, identifié comme le représentant de cette compagnie, ne serait qu’un prête-nom.*
En effet, l’informateur, qui tient à rester dans l’anonymat, mais qui semble avoir des informations de première main concernant la création de cette compagnie, affirme que tout est prévu pour assurer le succès de l’entreprise. Car rien n’a été laissé au hasard, dans le cadre des démarches à mener pour assurer l’octroi de l’autorisation d’importer des armes par le directeur général de la Police.
L’intéressé n’a pu déterminer si le DG d’alors était au courant de toutes les « gymnastiques» administratives auxquelles se sont livrés *les grands ténors de l’administration Martelly-Lamothe qui étaient les vrais propriétaires de cette compagnie, qui manipulaient les opérations derrière la scène.*
*Le piston obtenu d’office*
La création de la Global DynastyCorps LLL étant la « chose privée» des gens au pouvoir, le piston était obtenu d’office. Aussi au ministère du Commerce et de l’Industrie, les formulaires de demande de formation d’une société étaient-ils signés dans les brefs délais.
Même chose pour le ministère de l’Intérieur pour aviser le directeur général de la PNH que tous les documents de la société en formation étaient corrects.
Cette personne a donné une précision par rapport aux formalités à remplir chez le notaire, qui n’était autre que Jean Henry Céant, l’actuel Premier ministre.
Selon elle, c’est M. Céant lui-même qui avait suggéré qu’un de ses collaborateurs serve de témoin pour viser le document. Assurément le notaire ne l’aurait pas fait pour n’importe qui.
Autre information pertinente donnée par cet informateur : *le rôle de Salim Soukar, âme damnée de Laurent Lamothe, dont le cabinet d’avocats menaient les démarches pour faire avancer le processus.*
*Étant donné que Soukar et Lamothe importaient des armes,* on peut comprendre son enthousiasme pour accompagner Joseph dans ses dé marches. De fait, quand Laurent Lamothe était aux commandes de la primature, *il avait, de concert avec Salim Soukar, effectué une commande d’armes en Israël.* Il s’agissait, apprenait-on, de la mitrailleuse israélienne Galil, *qui n’ont pas été distribuées aux policiers haïtiens.*
D’aucuns prétendent que *Lamothe distribuait ces engins à des amis de la pègre. Aussi bien à des membres des gangs qui font la pluie et le beau temps dans les bidonvilles de Port-au-Prince.* Maintenant que cette affaire de contrebande d’armes éclate, il faut profiter de l’occasion pour savoir si le financement de l’achat de *ces armes était fait avec de l’argent tiré du fonds PetroCaribe.*
Il va falloir établir aussi, dans le cadre de l’enquête qui doit s’ouvrir autour de la contre-bande d’armes en Haïti, *si Laurent Lamothe et ses associés ont placé la commande d’autres commandes d’armes*. Si les révélations de cet informateur se révèlent fondées, à savoir l’implication des hommes du pouvoir dans la fondation de la Global Dynasty Corps LLC, il est possible qu’ ils soient les vrais propriétaires de la cargaison d’armes introduites dans le pays à l’adresse de Jimmy Joseph.
À la lumière de tous ces faits, on peut comprendre l’insistance des Américains à vouloir que toute la vérité soit faite par la justice haïtienne par *rapport au rôle qu’aurait joué Godson Orélus dans la contrebande d’armes.*
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