Evinx Daniel enterré vivant à Mare Rouge ?

 

 

 

Evinx Daniel enterré vivant à Mare Rouge ?

 

Entré au Palais national, sous le coup d’une inculpation pour blanchiment d’argent, Jovenel Moïse pourrait avoir une autre épée de Damoclès sur la tête, s’il faut prendre pour argent contant les révélations d’un des hommes qui ont prétendu avoir participé à l’ «exécution » de l’homme dePort- Salut, village situé à une trentaine de kilomètres de la ville des Cayes. Porté disparu depuis déjà plus de quatre ans, aucune piste solide n’avait été développée en ce qui a trait à là où Evinx Daniel aurait pu être, sinon que tous les soupçons se dirigeaient sur Michel Martelly. Jusqu’à ce qu’un des hommes qui prétend avoir été un de ceux engagés pour executer le crime vienne donner des préci- sions plaçant le chef de l’État haï- tien au centre de son «exécution». En effet, selon le témoigna- ge d’un des hommes qui se trou- vaient dans le véhicule qui trans- portaitJovenelMoïse etson«pri- sonnier », autrement ditson «ota- ge » — car c’était bien de quoi il s’agissait —, Daniel pensait que son « ami » (Jovenel) était sur le point de l’emmener sur le site du débarquement d’une cargaison de « substancesillicites », comme ils en avaient, d’ailleurs, l’habitude, dit-il. Mais, explique cet homme, quand Evinx Daniel se rendit compte que la topographie de la zone qu’ils traversaient lui était complètement étrange, il com- mençait à s’agiter, au point de de- venir incontrôlable. Avant qu’ils ne se fassent déborder, les ravis- seurs du restaurateur de Port- Salutle firentmaîtriser à l’aide d’- un pistolet paralysant (ou hypo- dermique), qui le mit hors d’état de nuire, lui faisant perdre con- naissance. Dans son témoignage, ce membre de l’équipe envoyée par Martelly pour « liquider physiquement » son ami Evinx Daniel a précisé qu’ils se dirigèrent à Mare Rouge, dans l’Artibonite, où, dit-il, « fut enterrée » la victi- me. D’après ses dires, ils ne pou- vaient recourir à d’autres procé- dés ayant tenu à exécuter à la lettre le vœu de Sweet Micky. L’homme quis’est déclaré un des bourreaux qui avaient été engagés pour « exécuter » Evinx Daniel n’a pas précisé qui avait demandé de le mettre « hors d’état de nuire », indiquant, toute- fois, que Moïse avait la responsa- bilité d’amener la victime sur place.

 

Une affaire qui a mal tourné entre trois amis ?

Bien que cet informateur semble ignorerle fond de la dispute ou du désaccord ayant porté Michel Martelly à se défaire d’Evinx Da- niel, il a confirmé qu’il existait un conflit entre lestrois hommes, qui étaient des amis, expliquant que, ayant voyagé la veille de Port- Salut à Port-au-Prince, Daniel était arrivé avec JovenelMoïse, le lendemainmatin, pourle trajet en direction de Mare Rouge. En cours de route, devait-il préciser, les bribes de conversation que lui etson compagnon pouvaient cap- ter laissaient comprendre l’exis- tence d’unemésentente quifaisait prendre à partie Daniel par les deux autres. Dans ses révélations relatives aux relations entre Moïse, Daniel et Martelly, l’homme a laissé entendre que l’ancien PDG d’A- gritranss’en prenait directement à son amis qu’il avait qualifié de « traitre ». Il dit avoir beau essayer, lui et son « associé », de saisir le sens de la conversation, mais, souligne-t-il encore, d’un côté comme de l’autre, les deux amis étaient très avares de précisions. En tout cas, la conversation entre eux, dit-il, prit une allure si agres- sive que Jovenel Moïse compre- nait qu’il était temps de réduire son interlocuteur au silence.

 

Une affaire qui a mal tourné entre trois amis ?

Bien que cet informateur semble ignorerle fond de la dispute ou du désaccord ayant porté Michel Martelly à se défaire d’Evinx Da- niel, il a confirmé qu’il existait un conflit entre lestrois hommes, qui étaient des amis, expliquant que, ayant voyagé la veille de Port- Salut à Port-au-Prince, Daniel était arrivé avec JovenelMoïse, le lendemainmatin, pourle trajet en direction de Mare Rouge. En cours de route, devait-il préciser, les bribes de conversation que lui etson compagnon pouvaient cap- ter laissaient comprendre l’exis- tence d’unemésentente quifaisait prendre à partie Daniel par les deux autres. Dans ses révélations relatives aux relations entre Moïse, Daniel et Martelly, l’homme a laissé entendre que l’ancien PDG d’A- gritranss’en prenait directement à son amis qu’il avait qualifié de « traitre ». Il dit avoir beau essayer, lui et son « associé », de saisir le sens de la conversation, mais, souligne-t-il encore, d’un côté comme de l’autre, les deux amis étaient très avares de précisions. En tout cas, la conversation entre eux, dit-il, prit une allure si agres- sive que Jovenel Moïse compre- nait qu’il était temps de réduire son interlocuteur au silence.

 

Accusé d’avoir mouchardé Ancien membre de la brigade

 

spécialisée SEALS des États- Unis, Evinx Daniel était venu s’- installer à Port-Salut, à quelque 35 kilomètres de la ville des Ca- yes.Avec une partie de son fonds de retraite, il avait fait l’acquisi- tion d’une propriété qu’il ne ces- sait d’élargir en dimension, au fur et mesure que son commerce de drogue devenaitflorissant.Il avait fini par construire un restauran qu’il appelait « Dan’s Creek ». Parallèlement, il ouvrit un hôtel, transformant le lieu en site bal- néaire qui attirait la grande foule, surtout en week-end. Il avait fini par découvrir que la baie des Cayes constituait un endroit idéal où des avions non identifiés pou- vaient larguer leurs cargaisons de cocaïne et d’autressubstancesin- terdites qui pouvaient s’écouler rapidement sur place. De Port- Salut, la drogue réceptionnée pouvait être acheminée sans encombre par terre jusqu’à la capitale. Mais à force de mener ces transactions illicites et de trans- porter les substance illicites, Da- niel avait attiré sur lui l’œil des agents de la Drug Enforcement Administration (DEA). Avec la collaboration de la Brigade de lutte contre les trafiquants de stu- péfiants (BLTS), les agents de la DEA basés en Haïti l’avaient arrêté surprésomptionde traficde drogue. Suite à son interrogatoire, il était remis en liberté, à condi- tion de coopérer avec les autorités anti-drogue. Cela entendait, bien sûr, dénoncer toutes personnes, y comprisses amis, qu’ilsavait im- pliquées dans le commerce de stupéfiants.

 

 

Un ami intime devenu pire ennemi

 

Ami intime d’Evinx Daniel, durant les premiers jours de sa présidence, Michel Martelly s’est retourné contre lui, paraît-il, vers la fin de 2014. Car l’amitié était toujourssoli- de durant le début de l’année 2013, quand Sweet Mickey intervenait pour libérer Daniel des liens de la justice. En effet, arrêté parle commissaire des Cayes, Jean-Marie Salomon. (aujourd’huisénateur représentant le département du Sud), Daniel fit un appel téléphonique au ministre de la Justice d’alors,JeanRenelSanon.Le commissaire du gouvernement avait mis Daniel en état d’arrestation dans le cadre du ramassage d’une cargai- sonmixte demarijuana et de cocaïne qui avait été larguée dansla baie des Cayes par un avion de provenance inconnue. Après avoir transporté la marchandise à Port-Salut et mis en lieu sûr la cocaïne, il s’est rendu à la Police des Cayes à qui fut remise seulement la marijuana. Sentant que quelque chose ne tournait pas rond dans le témoignage d’Evinx Daniel, Me Salomon le fit mettre aux arrêts et ordonna de l’incarcérer. Le prévenu fit un appel téléphonique au ministre de la Justice. Ce dernier communiqua l’information à son patron qui passa immédiatement des instructions au ministre Sanon pour que ce dernier fasse libérer immédiatementson ami. De fait, le lendemain, un différent juge instructeur enait la charge du dossier et libéra le prévenu sans autre forme de pro- cès. Le commissaire du gouverne- ment comprit dès lors qu’il ne pou- vait fonctionner dans ce système judiciaire mafieux. Il n’avait aucun doute que ses décisions concernant Evinx Daniel étaient justes et à tous points de vue conformes à la loi. Par la suite, le commissaire Salomon était l’objet de persécutions de la part des autoritésjudiciaires. Il avait fallu l’intervention d’une ambassade étrangère pour qu’on arrêtat de le terroriser.Ilsemble que c’estsuite à ces incidents que Jean-Marie Salomon démissionna de sa fonction pour se porter candidat au Sénat. Sachant queDaniel avaitrécupé- ré le chargement de cocaïne, Michel Martelly effectua un voyage à Port- Salut lemêmeweek-end. S’affichant publiquement avec son ami Evinx Daniel, il passa tout le weekend avec lui, faisant de longues promenades avec lui à bord de son yacht sur toute la côte sud, jusqu’aux Irois. Ceux qui observaient de prèsles activités des deux amis à Dan’s Creek faisaient croire que Michel Martelly devait ramener à Port-au- Prince sa part du «butin». Signalons aussi queMichelMar- telly était devenu l’associé d’Evinx Daniel dans la création d’un en- semble d’habitations à Port-Salut. Non seulement le président avait fait l’acquisition d’une vaste propriété sur laquelle il s’apprêtait à faire construire une maison, il avait incité son fils Olivier à faire de même. À cause de lui des ministres, amis et d’autres personnalités proches de l’ex-famille présidentielle y avaient fait l’acquisition de propriétés Maisilsemble que l’amitié entre Martelly et Daniel ait commencé à mal tourner après ces incidents. D’- aucuns prétendent qu’Evinx Daniel avaitfait un « rapport à qui de droit» concernant cette cargaison. Car, environ plus d’un an après ce week- end à Port-Saluts’est produite la dis parition du propriétaire de Dans’s Creek. Sur ces entrefaites, on n’entend plus parler des activités commerciales de Daniel. Il semble que sa femme n’ait pu continuer le projet aprèssa disparition. Après avoir observé l’évolution de cette amitié, on ne peut comprendre qu’est-ce qui aurait porté Martelly à liquider physiquement Evinx Daniel. Mais quand on sait que les deux étaient dans le trafic de drogue ensemble, on ne peut que penser à une transaction ou un partage d’argent qui a mal tourné. D’autre part, pour avoir été présent aumoment où ilfut décidé d’enterrer Daniel alors qu’il était sans connaissance, mais en vie, Jovenel Moïse ne peut avoir la conscience tranquille. Bien que certains avancent la théorie selon laquelle la conscience est morte chez les gens impliqués dans le trafic de stupéfiants.

Haiti Observateur Du 8 au 15 Aout 2018

 

 

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