Dr. Bobb RJJF Rousseau Répond à Père Nathanael Saint-Pierre / Note de Omega

 

Note de Omegaworldnews.com
Ce texte du Dr. Rousseau merite une lecture attentive et une profonde reflexion, de tout patriote Haitien.
Selon le Professeur Duverger, Chairman de notre site de nouvelles, Haiti n’est pas encore une societe capitaliste.  Haiti montre un curieux melange de mercantilisme desuet, aggrave par un banditisme qui occupe toutes les avenues du pouvoir politique et economique.
Une bourgeoisie eclairee chercherait aujourd’hui a comprendre et articuler des solutions adequates aux justes revendications du peuple Haitien.
Que Dieu nous inspire a nous aimer les uns les autres.
Omegaworldnews.com

 

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Dr. Bobb RJJF Rousseau Répond à Père Nathanael Saint-Pierre

 

Père Nathanael, votre réponse à Boulos n’a pas touché les vrais problèmes du pays. Elle n’a pas donné kuddos aux vrais opprimés, aux sans travail, aux affamés, aux révolutionnaires loyaux et aux hommes de conviction. Clairement, votre intention est de soulever le peuple contre les mulâtres et les entrepreneurs déjà victimes de casses ciblées ou aléatoires. Votre discours n’est pas nouveau sous le ciel d’Haïti et il m’a ramené aux temps d’Aristide lorsqu’il a mis le peuple en face de la bourgeoisie. Rappelez-vous bien que ça a très mal fini pour le peuple. Est-ce « inciter le peuple à la violence » la philosophie du catholicisme ?

A propos, je ne défends pas la bourgeoisie, je n’entends pas avoir raison, je veux tout simplement attirer l’attention du lectorat sur vos idéologies égoïstes et votre discours de rebelle. Père Nathanael, la lutte actuelle n’est pas ethnique ; elle est économique et vous l’avez relaté pauvrement dans votre déclaration de guerre civile contre la bourgeoisie haïtienne que vous appelez salope et charogne.

 
La frustration du peuple peut lui donner le droit d’être en colère, mais elle ne peut pas lui donner le droit d’être sauvage. J’ai du mal à comprendre pourquoi vous voulez nourrir la sauvagerie du peuple en lui disant que, tant que le capitalisme en Haïti n’a pas le visage de l’humanité, il doit exercer sa sauvagerie pour aller mettre les pendules à l’heure.
 

Savez-vous que tous autres actes de violence du peuple seront qualifiés de préméditation et s’il y avait vraiment une justice en Haïti, aujourd’hui même vous devriez être en prison pour avoir incité la violence populaire.
 

Vous voulez réduire le peuple à des bourreaux ; lesquels vous encouragez d’aller sauter murs et barbelés, pas pour seulement briser, mais aussi pour toucher ! En toute franchise, je ne sais pas exactement ce que vous voulez insinuer lorsque vous avez écrit que la bourgeoise n’est pas intouchable. J’espère que le peuple boude votre invitation à la violence, à l’immoralité et à la sauvagerie parce que les entreprises haïtiennes ont été lancées avec l’argent des Haïtiens et ont embauché beaucoup d’Haïtiens. Donc, la destruction des entreprises haïtiennes est aussi la destruction de l’économie du peuple par le peuple.
 

Père Nathanael, vous avez parlé de justice sociale qui, d’après vous, est la responsabilité de la bourgeoisie haïtienne. Permettez-moi de vous enseigner que la bourgeoisie haïtienne, la bourgeoisie de tous pays d’ailleurs, n’est pas responsable de transformer la justice sociale en une réalité sociale. Peut-être, vous avez voulu parler de la responsabilité sociale de la bourgeoisie envers la nation. L’Etat est responsable de la justice sociale et la justice sociale ne veut pas dire que l’Etat prend en charge les besoins fondamentaux de la population. Elle veut dire que l’Etat offrira des opportunités à tous pour la poursuite de leur bonheur. Ce n’est pas la bourgeoisie, mais le gouvernement qui est salope et charogne et ce n’est pas à la bourgeoisie, mais au gouvernement, de laisser des opportunités au peuple.
 

Vous et moi sommes d’accord que le gouvernement a failli dramatiquement dans sa mission de justice sociale et que la bourgeoisie n’assume pas sa responsabilité sociale envers le peuple. Vous et moi sommes en outre d’accord que nous sommes sans guides et livrés à nous-mêmes. Mais moi, je suis confiant que sans l’éducation civique et sans l’implication de leaders transformationnels et adaptatifs, le peuple ne réussira pas dans son combat. Ce sont les leaders comme vous qui retardent et handicapent le dialogue pour le refondement du pays. Si vous n’étiez pas si concentrés à vouloir faire la une à travers votre lettre, vous comprendriez qu’aujourd’hui vous venez juste de vous poser en un mauvais guide pour le peuple et vous êtes sauvage au même niveau que le peuple que vous clamez de défendre.
 

La dernière fois que j’ai vérifié, je suis comme vous un citoyen, mais à la différence, je suis un bon citoyen parce que je sais que le peuple paiera les conséquences de ses inconséquences à travers la taxation, l’inflation et l’importation lorsque la bourgeoisie se remettra à rebâtir leurs entreprises.
 

Vous, vous voulez qu’il détruise, moi je les incite à travailler ensemble pour reconstruire et pour conserver les acquis de 1804 et leur dignité de peuple parce que, tant qu’il mène le bon combat, il restera ancré sur une stratégie compréhensive pour résoudre la crise politique et économique sans sauvagerie.
 

Votre réponse à M Boulos n’est qu’une distraction pour détourner le focus du peuple des dérives et des dépenses excessives du gouvernement. Elle n’ajoute rien à la conjoncture actuelle et n’accordent que de l’attention à une bourgeoise dont déjà nous savons est corrompue jusqu’aux os. Plus de temps à parler d’elle est moins de temps sur la lutte et plus de têtes d’affiche pour vous.
 

Père Nathanael, maintenant que vous avez eu votre minute de gloire ; laissez les vrais révolutionnaires continuer leur lutte pour que le gouvernement puisse comprendre finalement que la nation ne veut plus être gouvernée par des individus sans discipline fiscale, sans culture politique et sans sens de gouvernance.
 

L’heure est à la mobilisation politique, l’engagement civique et la participation publique, pas à la sauvagerie. De grâce père Nathanael, cessez de prêcher la violence, si n’aime mieux, écartez-vous de la tracée d’Aristide. Vous donnez un mauvais nom à la prêtrise et vous ne respectez pas le pays.
 

Bobb RJJF Rousseau, PhD

Politiques Publiques et Administration

Leadership et Gestion de Gouvernement Local

Haiti Plus Radio Lumière


www.bobbrousseau.info

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