AFFAIRE REGINALD BOULOS: Tous au Pénitencier National.   

 

 

Tous au Pénitencier National.
Voilà l’ordre formel que le Commissaire du gouvernement a donné à ses substituts concernant les 64 personnes arrêtées le samedi 7 juillet pour vandalisme, pillage, etc. Un Commissaire du gouvernement peut-il donner l’ordre à des subalternes d’envoyer en prison des individus innocents ou coupables, juste pour faire plaisir à une classe politique ou sociale?
Ce mercredi 11 juillet, j’étais au Parquet de Port-au Prince pour essayer d’aider un ami que la police a arrêté à Delmas 32, pour avoir été trop curieux, ce samedi 7 juillet. En premier lieu, nous avons tenté d’en parler à un autre ami, substitut du gouvernement pour lui faire part de la situation. Malheureusement, nous le citons “ je suis désolé, ce dossier est trop politique et je ne suis pas prêt à perdre ni ma vie, ni mon chèque’’. Nous avons même essayé d’en parler à l’Administrateur du Parquet qui nous a carrément ri au nez en nous disant que c’est l’affaire de Boulos, que mon ami est bel et bien cuit.
Bien entendu, il y a eu des magistrats qui voulaient rester honnête dans ce dossier, ils n’ont pas voulu prendre part à cette injustice trop criante. Il y en a un qui a même crié dans son bureau, ‘’c’est injuste, il n’y a pas matière”. Mais ces 64 individus sont envoyés au pénitencier national. Aussi, il fallait voir le visage de ces gens arrêtés. Ils sont filles et fils de la masse, des gens qui n’ont vraiment personne pour les défendre. Oui Monsieur l’administrateur, vous avez raison, ils sont déjà cuits! D’ailleurs, ils l’ont été déjà depuis leur naissance, des gens démunis, des laissés pour compte.
Ce jour- là au Parquet, j’ai regardé le visage de ce Commissaire tout fier de lui, avec au moins huit (8) policiers derrière lui pour assurer sa sécurité, et malgré tout j’ai dû sourire. Oui mes amis, j’ai souri. J’ai souri en voyant le visage de cet esclave domestique  protégeant à tout prix les intérêts du maître, en détruisant l’avenir de ces jeunes gens, menottés comme des vulgaires criminels ( et de quel avenir je parle?).
“ Affaire Boulos”, voilà comment ils qualifient l’affaire. Quel pays maudit! Maudit d’avoir des dirigeants aussi corrompus, aussi lâches et aussi fidèles à une oligarchie merdique. J’ai seulement eu un réflexe ou plutôt une envie. L’envie de leur cracher au visage comme le peuple l’a fait ce vendredi 6 juillet 2018. Et que dire de cet inculpé, qui a passé sa vie à blanchir de l’argent sale pour des trafiquants, désormais contrebandiers et j’en passe? À trop vouloir faire plaisir aux nantis de ce pays, il va finir par se mordre les doigts, car le peuple s’est réveillé et il a compris. Oui mes amis, le peuple a compris qu’il n’a rien à perdre mais tout à gagner, à l’instar de ce vendredi après-midi que j’appelle “vendredi de la chevauchée des morts vivants ‘.
Au Parquet de Port-au-Prince ce jour-là, c’était la consternation, des magistrats avec la mauvaise conscience qui ne savaient quoi faire, car l’ordre était formel, “ tous au pénitencier”. Il y en a même un qui a refusé d’entendre ces jeunes gens parce que d’après lui, il n’y avait pas matière, il ne fallait surtout pas se mouiller dans cette injustice trop cruelle.
Tous au pénitencier, voilà le mot d’ordre de ce Commissaire du gouvernement dont je ne veux pas citer le nom, car croyez-moi, il ne le mérite pas. Mais un jour viendra où le peuple aura son mot d’ordre à lui comme, “Tous au Parquet, au Parlement et au Palais national.” Et ce jour-là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Guito JECROIS
Étudiant finissant en droit.
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