Le Congres U.S. touché concernant des allégations de corruption Le dossier « Bateau sucré » d’Acra fait-il l’objet d’une attention spéciale ?

 

Le Congres U.S. touché concernant des allégations de corruption Le dossier « Bateau sucré » d’Acra
fait-il l’objet d’une attention spéciale ?

Déjà plus de trois ans depuis le débarquement, au Terminal Varreux, à Chancerelles, au nord
de Port-au-Prince, du bateau pan- améen le Manzanares, qui trans- portait une cargaison mixte de
sucre et de drogue, le dossier avance lentement, jusqu’à ce qu’il soit arrivé en Cassation, près de trois ans plustard.Ce cas, qui implique Marc Antoine Acraet consorts, le plus gros scandale de stupéfiants enregistré en Haïti, avait suscité des critiques, tant à l’égard de la justice haïtienne que pour la Drug Enforcement Administration (la brigade fédé- rale anti-drogue, accusées, sinon de corruption, du moins d’agir.

avec débonnaireté dansle dossier qui n’a toujours pas abouti à la conclusion que de droit. L’affaire pourrait prendre une toute autre allure avec l’implication du Congrès américain, intéressé à vou- loir que soit lancée une enquête sur le fonctionnement du bureau de la DEAen Haïti. En effet, le Comité de sur- veillance et de réforme du gou- vernement vient d’adresser une correspondance à l’inspecteur général du Département de la Justice (DOJ) concernant des allégations de fautes profession- nelles commises par le personnel de la DEAsur place en Haïti. Dans les milieux proches du Congrès américain (la Chambre basse), on laisse croire que cette lettre constitue la réaction de cet- te institution, suite à des plaintes reçues de personnes non identi- fiées estimant que des respon- sables du bureau de la DEA, à Port-au-Prince, auraient mal géré l’intervention de « dénonciateurs » locaux, dont la contribution dans la lutte contre la drogue en Haïti constitue un atout formi- dable. Ce qui a, au fil des vingt dernières années — et même plus —, aidé la DEA à capturer plus d’une trentaine de dealers qui ont été jugés, condamnés à la prison, en sus d’être frappés d’amendes qui s’élèvent à plus de USD 30 millions $, dit-on dans les milieux autorisés de la justice américaine

Dans la lettre, signée du député Trey Gowdy, républicain, président du Comité de surveillance et de réforme du gou- vernement, un républicain; et du député Elijah E Cummings, démocrate du Maryland assurant la présidence pour ce parti au Comité, portant la date du 14mai courant, adressée à Michael Horowitz, inspecteur général du Département de la Justice, invite ce dernier à enquêtersur des allé- gations demauvaise gestion et de fautes professionnelles potentiel- lement graves au bureau de la DEAen Haïti. Le document précise que «En raison du caractère sérieux de ces allégations, nous demandons que votre bureau fasse une révi- sion de cette situation ». Des sources proches de ces deux députés fédéraux ont sug- géré que cette intervention de MM. Gowdy et Cummings pourrait être déclenchée par l’af- faire Bateau sucré d’Acra, ayant débarqué la plus importante car- gaison de stupéfiants jamais enregistrée dans les annales du trafic de drogue en Haïti. Pour- tant le dossier traîne depuis déjà plus de trois ans, alors que les noms de personnes liées à cette cargaison de plus de 60 tonnes de cocaïne, d’héroïne de marijuana dissimulées parmi lessacs conte- nant plus de 600 tonnes de sucre, courent les rues. Signalons que cette commande avait été faite par Marc Antoine Acra pour le compte de la société du groupe, l’ANABATCO. Suivant l’enquête qui avait été menée autour de cette affaire, plus d’une douzaine d’hommes d’affaires proches du régime tèt kale dirigé par Michel Martelly avait mis ensemble leurs res- sources en vue de financer l’a- chat de cet important chargement de stupéfiants et d’assurer le transport de la marchandise jus- qu’à Port-au-Prince. À l’époque de la saisie du Manzanares, en avril 2015, les autorités policières haïtiennes et des agents de la DEA avaient précisé que la brigade fédérale de lutte contre les stupéfiants avaient indiqué que le navire panaméen était constamment sous surveillance, depuis le port d’embarquement des marchan- dises, en Colombie, jusqu’en Haïti après avoir fait escale au Vénézuela, une tactique de diversion. Présentement au moins deux hommes, qui feraient partie de l’équipe de dockers du Terminal Varreux, le wharf où le « Bateau sucré » avait débarqué sa cargaison,se trouvent encore en prison, tandis que Acra et ses associés vaquent à leurs occupations, attendant le verdict final de la procédure d’appel. Inculpé pour trafic de drogue parle juge d’instruction Berge O. Surpris, Marc Antoine Acra avait interjeté appel. Mais comprenant la précarité de son cas, il s’enfuit en République dominicaine où il passa plus d’une année avant de retourner en Haïti sur la pointe des pieds pour être présent à une séance sur son cas à la Cour de cassation. L’affaire Bateau sucré est encore pendant, puisque la plus haute instance judiciaire du pays n’a pas encore rendu son verdict définitif. Voilà ce qui indigne nombre de personnes proches du dossier et qui s’estiment déroutées par ce procédé qui fait traîner le dossier en longueur. Reste à savoir quel impact cette intervention du Comité de surveillance et de réforme du gouvernementt aura sur l’affaire du Mansanares

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