HAITI: Un exemple d’unité au sein de la jeunesse haïtienne

              Un exemple d’unité au sein de la jeunesse haïtienne

 

Ce n’est pas par hasard que la devise d’Haïti est liberté, égalité et fraternité, et ce n’est nullement un hasard que notre motto soit l’union fait la force. Dans la constitution haïtienne, il est écrit qu’Haïti est un pays coopérativiste. Tout tend vers l’union et l’unité dans la diversité. Tous les problèmes auxquels sont confrontés les Haïtiens et qui les empêchent de faire de nouveaux bonds en avant ont à voir avec la méchanceté, la haine, l’hypocrisie, l’envie, l’orgueil, et la jalousie. Depuis plus d’une cinquantaine d’années, les dirigeants haïtiens sèment la peur, la terreur et font tout pour réduire la population au silence soit par l’usage de la force, soit par la manipulation avec la presse mafieuse. Si Haïti doit renaitre de ses cendres, il revient aux jeunes de mettre en place un vaste mouvement de solidarité et d’unité nationale. Aujourd’hui, nous allons faire part à notre public d’une expérience qui a marché dans une commune en Haïti où des jeunes se sont unis pour vivre dans l’amour, le partage et la fraternité. Professeur dans trois facultés en Haïti, je côtoie des jeunes journellement et ils me demandent toujours comment faire pour résister à la violence structurelle que je décris si bien. Je leur réponds toujours qu’ils doivent se grouper et qu’ils doivent penser et agir comme un seul homme. Alors, je trouve cette expérience intéressante et j’espère que d’autres jeunes à travers le pays puissent se regrouper pour vivre cette belle aventure humaine.

 

En 2008, deux jeunes qui furent mes étudiants m’ont approché parce qu’ils voulaient faire quelque chose qui leur aurait permis de mettre en pratique toutes les informations et les connaissances que je leur transmettais sur l’économie solidaire. « L’économie sociale ou économie sociale et solidaire (ESS) est la branche de l’économie regroupant les organisations privées (entreprises, coopératives, associations, mutuelles ou fondations) qui cherchent à concilier activité économique et équité sociale. » Nous sommes un grand fan du concept de développement local et nous travaillons depuis une dizaine d’années avec des associations pour autonomiser les citoyens. « Le développement local est un processus grâce auquel la communauté participe au façonnement de son propre environnement dans le but d’améliorer la qualité de vie de ses résidents. Cette démarche nécessite une intégration harmonieuse des composantes économique, sociale, culturelle, politique et environnementale. » J’avais promis à ces jeunes de les accompagner et de leur permettre de vivre dans la réalité tous les concepts et théories que je leurs enseignais. Je les ai introduits aux idées de Termontour Mondésir dit Toumi sur le mouvement coopératif. Termontour Mondésir est un haïtien à l’âge de la retraite qui vit à Ottawa Canada qui, dans les années 80 était un fer de lance du mouvement coopérativiste en Haïti. Malheureusement, l’Etat Haïtien prédateur n’a jamais permis à Termontour Mondésir de mettre ses connaissances au service de la société haïtienne pour un développement durable.

 

Pendant une année, j’ai aidé ces jeunes à se familiariser avec l’économie solidaire, le développement local et la gestion de projets. Je les ai encouragés à développer un certain automatisme pour pondre des idées innovantes. Le groupe de deux était passé en l’espace de deux à trois mois à un groupe de douze jeunes motivés d’apprendre et prêts à tacler les impedimenta de la vie. Dès le début, j’avais demandé à ces jeunes d’étudier le modèle innovant de la coopérative KOTELAM (Koperativ Tèt Ansanm pou Lavi Miyò) et je leur avais demandé de monter une petite coopérative pour mettre de côté leur argent et se préparer pour monter un projet. Je leur avais promis de les aider à monter leur première entreprise avec un appui financier. Ces jeunes ont étudié avec nous pendant une année et il leur a pris une autre année pour monter un projet viable et pour trouver du financement. Ce groupe de 12 jeunes qui a commencé cette expérience avec nous est passé à un groupe de 220 jeunes et ceci dans différentes communes. Nous sommes en mesure aujourd’hui de reproduire cette expérience et de faire d’elle une expérience nationale. Dénoncer est bon, écrire est bon, parler à la radio est bien, mais tout ceci doit déboucher sur l’action agissante. Ces jeunes actuellement ont plusieurs entreprises rentables : boulangerie, dry cleaning, coopérative, bibliothèque, maison de location de motocyclettes, jardins, centre de santé communautaire. Ces jeunes qui ont décidé dix ans de cela de mettre leurs talents et leur potentiel au service de leur communauté et pour améliorer leurs conditions de vie sont aujourd’hui des entrepreneurs qui n’ont aucun prêt de la banque, mais qui ont pu mettre en place un système pour faire fructifier leurs maigres ressources, économiser, créer de l’emploi et vivre de leurs moyens.

 

Cette expérience a été rendue possible grâce au concours et au support d’un groupe de retraités aux Etats-Unis d’Amérique et au Canada qui m’ont fait confiance et qui ont accepté de contribuer à un fond spécial. J’ai pris sous ma responsabilité de demander et d’accorder le prêt. Ces adultes ont fait le prêt sans attendre rien en retour. C’est le conseil d’administration de la coopérative qui gère tous les projets. Le modèle est facile à présenter, étudier et reproduire. Aujourd’hui, dans le cadre d’un vaste projet national d’entreprenariat que nous avons, nous encourageons ces jeunes à faire des présentations un peu partout dans le pays et à présenter le modèle. Ces jeunes ont commencé avec un montant de 20 mille dollars. Aujourd’hui, ils ont un chiffre d’affaire dépassant 300 mille dollars. Quand nous encourageons les jeunes à se regrouper, nous ne faisons pas que parler, nous avons déjà mis notre pied à l’eau et tester le terrain. Nous avons des modèles de coopératives agricoles qui ont fait de grands succès en Afrique de l’Ouest. En ce présent moment, nous voulons encourager les jeunes à investir dans l’agriculture et dans l’agro-industrie. Dans deux ans, nous mettrons en place un institut qui sera chargé de faire la promotion de l’agriculture et de l’agro-industrie. A travers cet institut, nous aurons un incubateur d’entreprises agricoles et un fond sera disponible pour aider des jeunes à monter des entreprises.

 

Nous ne sommes pas intéressés à la politique comme elle est pratiquée en Haïti. Ce qui nous intéresse, avant tout c’est l’économique et le social. Haïti a un grand potentiel pour le secteur agricole et l’artisanat. Nous encourageons les jeunes de la province à faire usage de leurs méninges afin de tirer profit des avantages que donne la terre. La production du calalou, de citron, du piment, de l’avocat, des oranges, des légumes, des vivres alimentaires est à encourager. Nous avons des agronomes et des spécialistes en environnement qui travaillent avec nous et qui sont prêts à accompagner des jeunes. Il n’y a pas meilleur endroit pour vivre que son pays natal. Quand j’avais décidé d’émigrer aux Etats-Unis d’Amérique après mes études universitaires en Haïti, mon souci c’était de poursuivre des études graduées et de retourner en Haïti pour non seulement investir dans l’agriculture, mais aussi dans le social. Nous n’avons pas pu retourner au pays, mais nous exécutons à distance nos projets les plus chers. La richesse est dans la terre. Nos grands-parents le savaient bien. Voilà pourquoi ils vivaient bien sur leurs terres. Aujourd’hui, avec les avancées scientifiques, nous pouvons devenir de grands entrepreneurs et nous avons un vaste marché en Haïti. L’Etat Haïtien n’existe pas et ne fera rien pour réduire l’influence dominicaine sur le marché haïtien. C’est à travers des initiatives citoyennes que nous pouvons régler certains problèmes liés à la politique et à l’économie. Quand des hommes qui devraient être des sources de lumière, mais qui vendent leur âme choisissent de nous attaquer à la radio et sur les réseaux sociaux c’est parce qu’ils savent que nous sommes de véritables agents de changement et de transformation qui peuvent faire la différence.

 

En 2011, un politicien haïtien m’avait approché pour écrire un projet de développement pour lui. Je lui avais dit que je lui donnerai un coup de main si et seulement s’il allait faire de la jeunesse sa priorité. Nous avons travaillé pendant deux années. Malheureusement, ce leader attend qu’il soit chef d’Etat pour exécuter ce projet de développement, ce qui n’arrivera jamais. Tous les Haïtiens croient que pour aider ce pays, il faut qu’ils soient au timon des affaires. Je ne peux pas compter combien de jeunes que j’ai aidé dans l’élaboration de leur mémoire de sortie, à monter et exécuter des projets rentables. Je crois toujours que mon futur est en Haïti. Voilà pourquoi je prépare activement mon retour dans mon pays pour diriger mon centre de recherches et d’action, et pour travailler dans les secteurs de l’agriculture, l’agro-industrie et l’artisanat. Comme économiste, je suis convaincu que l’avenir du pays est dans l’économie sociale et solidaire et le développement local. Monter des coopératives de toutes sortes est une nécessité et devrait être une priorité nationale. Les politiciens ayant à leur tête Jean Betrand Aristide se sont alliés aux banquiers blanchisseurs d’argent et aux trafiquants de drogue pour faire échec au mouvement coopérativiste. Haïti ne pourra pas avancer si les jeunes ne s’investissent pas dans l’entreprenariat et ne fait pas du système coopérativiste le pilier de leurs activités économiques et sociales. Nous sommes pour former, informer, transformer et montrer la voie. Grace aux nouvelles technologies de l’information, nous pouvons partager nos connaissances à distance et collaborer avec des jeunes sur le terrain. Les thuriféraires commencent à avoir peur et ils doivent être angoissés parce qu’au rythme nous avançons, rien ne pourra nous stopper.

 

Le futurologue est celui qui étudie le passe pour mieux appréhender le présent et pour présenter des scenarios positifs du futur. Nous rêvons d’un futur santibonique pour Haïti. Ce futur est possible que si les jeunes s’engagent à donner la priorité à l’économique et au social. Voilà pourquoi mes écrits sont dirigés vers les jeunes et les retraites. Je suis en train de monter un vaste mouvement pour connecter des groupes de retraités à des groupes de jeunes qui s’engagent à prendre le chemin de l’entreprenariat. Je suis une machine à pensées. Je ne cherche pas la gloire et l’honneur. Mes connaissances et mes talents doivent être utiles à mon pays. Nous commençons à établir les contacts avec les jeunes de toutes les communes et dans un avenir pas trop lointain, nous commencerons avec l’université populaire pour former cette génération d’entrepreneurs qui finira par redorer le blason d’Haïti. Je dis merci à ce groupe de jeunes qui, en 2008 avait foi en moi et en mes capacités pour les guider sur la voie du succès. Au lieu de voyager au Chili, au Brésil et en République Dominicaine, nous pouvons faire des projets dans notre pays, nous pouvons développer un amour et une passion pour notre pays. Jeunes compatriotes, retournons à la terre. Que le Grand Architecte de l’Univers nous guide sur cette voie et qu’ils aident les jeunes Haïtiens à puiser dans leur passé glorieux pour bâtir un futur santibonique.

 

Kerlens Tilus    03/18/2018

Futurologue/ Templier de Dieu

Snel76_2000@yahoo.com

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