Les dessous de la décision monétaire du gouvernement haïtien / Kerlens Tilus

Les dessous de la décision monétaire du gouvernement haïtien

 

La vraie raison derrière la décision de l’Etat haïtien de faire de la gourde la monnaie exclusive d’échange commercial.

Le gouvernement américain réclame des bandits légaux le retrait du billet vert du circuit économique d’Haïti à cause de la plainte déposée par le GAFIC contre l’Etat Haïtien pour blanchiment d’argent non combattu en Haïti.

« En Haïti, tout part et pour la bourgeoisie et les politiciens.

Lorsque nous achetons dans leurs supermarchés, leurs magasins, leurs restaurants et autres; ils nous imposent des taxes à pourcentage élevé rien que pour leurs rachats du dollar us et le financement de leurs familles vivant à l’étranger. Lorsque nous dédouanons nos marchandises venant de l’étranger, l’Etat nous fixe des taxes à valeurs exorbitantes rien que pour compenser les années de franchises et d’exonération de taxes accordées à la bourgeoisie et aux politiciens. Lorsqu’on prélève une partie de nos salaires en guise de contributions à l’ONA, au final les véritables prêts sont accordés à la bourgeoisie et aux politiciens. Lorsque nous épargnons nos argents à leurs banques, ils s’en servent pour importer leurs riz, sucres, haricots, farines, fers et autres; mais jamais ils ne nous faciliteront des prêts à taux référentiels. Lorsqu’on met le feu dans nos marchés, nous n’avons d’autres recours que de nous tourner vers leurs banques pour des prêts à des taux suicidaires. Qui pis est, les véritables retombées sont aux politiciens qui profitent de nos malheurs pour s’enrichir au moyen des projets “bidons” de reconstruction des marchés endommagés. Au résumé, Haïti devrait être habitée seulement par les riches et les politiciens puisque cette n’est vivable que pour eux. » (Buder Brillant).

 

Le gouvernement a pris la décision au cours de la semaine écoulée de porter les acteurs commerciaux à utiliser la gourde exclusivement comme moyen d’échange sur tout le territoire de la république. Plusieurs individus ont donné leur impression sur cette décision, sans pour autant aller au fond des choses. Est-ce qu’ils essaient de leurrer la population haïtienne comme le pouvoir en place le fait ou sont-ils juste ignorants de ce qui se passe au niveau du GAFIC et des Départements du Commerce, du Trésor et de la Justice Américaine. La première question qu’on doit se poser est la suivante : est-ce la décision du gouvernement entre dans un cadre de politique monétaire réelle ? Qui est responsable de la mise en place d’une politique monétaire en Haïti ? Quel est le rôle de la Banque de la République d’Haïti comme agent régulateur ? Pourquoi le premier ministre Jack Guy Lafontant n’avait pas présenté cette mesure dans sa déclaration de politique générale ou dans son intervention en Janvier dernier par devant le parlement ? Pourquoi cette décision brusque et inattendue de l’Administration de l’inculpé Jovenel Moise ? Le proverbe créole stipule que « twou manti pa fon » et nous le savons bien. Nous allons essayer de décortiquer la question pour apporter des éléments d’information à tout et chacun et permettre à la population haïtienne de connaitre la vérité réelle sur la mesure hâtive du gouvernement haïtien.

 

Un groupe de racketteurs professionnels en Haïti se disent être économistes. Ils n’occupent jamais de poste officiel au sein de l’Etat Haïtien, et pourtant ils font leur beurre comme consultant économique au sein de plusieurs institutions étatiques. Nous n’allons pas nous attarder sur cette histoire de politique monétaire en Haïti puisque nous savons que c’est un vaste bluff et un montage. Nous savons que c’est une décision qui va accélérer l’économie haïtienne dans l’informel. Les économistes bien-pensants doit analyser la tendance hyper inflationniste de cette mesure. Nous devons rappeler à tous que l’économie haïtienne est non seulement une économie de rente, mais une économie souterraine. Il n’y a aucun régulateur qui régule les activités économiques en Haïti. C’est comme si la finance et l’économie n’existaient pas pour les Haïtiens.  L’effet frénétique et suivi de panique que devrait déclencher la décision du gouvernement n’aura pas lieu. C’est dire que l’effritement graduel du niveau de confiance des citoyens dans la gourde qui glisse et glisse, aussi proportionnellement, par rapport au dollar, comme accrochée à un mât de cocagne se trouve contrebalancé par la certitude des citoyens de l’incapacité du gouvernement à mettre en pratique une telle mesure. L’Administration de Jovenel Moise n’a aucune priorité. Jovenel Moise a mis en place une affaire de caravane pour rembourser les bourgeois répugnants qui ont financé sa campagne électorale à hauteur de dizaine de millions de dollars. Nous n’allons pas perdre notre temps à critiquer la caravane puisque dès le départ, nous avons su que c’était un bluff. Tôt ou tard, le peuple finira par comprendre le jeu des coquins.

 

Quel est l’issu auquel l’Etat Haïtien fait face actuellement ? Le gouvernement américain réclame des bandits légaux le retrait du billet vert du circuit économique d’Haïti à cause de la plainte déposée par le GAFIC contre l’Etat Haïtien pour blanchiment d’argent non combattu en Haïti. Qu’est-ce que le GAFIC encore appelé CFATF en anglais ? CFATF est l’acronyme de Caribbean Financial Action Task Force. Le GAFIC est le Groupe d’Action Financière de la Caraïbe. 
C’est une organisation composée de vingt-cinq États du Bassin caribéen, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud qui ont convenu de mettre en œuvre des contre-mesures communes pour lutter contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive.
Depuis près de cinq ans, le GAFIC est actif en Haïti, surtout avec l’aloralité de l’UCREF et de l’ULCC, organismes responsables de la lutte contre la corruption et de blanchiment des avoirs en Haïti. En Mai 2017, le GAFIC avait conduit une mission en Haïti où les auditeurs ont fait savoir à la BRH qu’ils vont porter plainte pour Haïti parce que les autorités haïtiennes ne font rien pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Pour ceux qui ne le savent pas, depuis tantôt cinq ans, Haïti est placée sur la liste des pays qui financent le terrorisme international à cause des Syro-Libanais et des Syro-Juifs en Haïti qui financent des activités terroristes au Moyen-Orient. C’est un peu surprenant que des quotidiens comme le Nouvelliste et le National ne se sont jamais posé la question et chercher à comprendre pourquoi Haïti, un état pauvre de la Caraïbe est sur cette fameuse liste.

 

Le gouvernement américain a travaillé durement pour la mise en place du GAFIC et le GAFIC fonctionne sous l’obédience des Départements du Commerce, du Trésor et de la Justice Américaine. Ce qui a toujours inquiété le GAFIC est qu’Haïti est une plaque tournante de la drogue et que les banques commerciales elles-mêmes sont mouillées jusqu’au cou dans le blanchiment d’argent. Dans les années 90 et 2000, des banques de la place ont établi des succursales dans certains endroits du pays pour pouvoir recueillir l’argent sale de la drogue. Les Etats-Unis d’Amérique ont mené pendant trois ans de 2010 à 2013, une vaste enquête sur le blanchiment d’argent et l’évasion fiscale dans plusieurs pays de la Caraïbe y inclus Haïti. Les malfrats font du lobbying depuis 2013 pour ne pas se retrouver derrière les barreaux. Les Etats-Unis d’Amérique affirment qu’il y a un problème de surliquidité en Haïti. « On parle de surliquidité bancaire lorsque la banque a collecté une épargne qui ne se retrouve pas dans les crédits octroyés aux clients. Elle garde donc cette épargne dans ses comptes et quelque fois, elle la place auprès de la banque centrale. Cela dit, la question de surliquidité bancaire est difficile à appréhender en Haïti à cause de la défaillance du système d’information. En effet, la monnaie qui est créée dans un pays correspond à la richesse produite dans ce pays. N’oublions pas la fonction de base de la monnaie : permettre une circulation dans le temps (d’aujourd’hui à demain) et dans l’espace (d’une ville à une campagne ou inversement) des biens réels. Comme la création de richesse est très mal mesurée en Haïti du fait du poids de l’informel, il est difficile de savoir si la quantité de monnaie créée correspond à la richesse produite. »

 

En Haïti, personne ne sait quelle quantité d’argent qui circule dans l’économie nationale à cause du caractère informel de l’économie. Le GAFIC et les Etats-Unis d’Amérique questionnent la bonne gestion des institutions comme la BRH, l’UCREF et l’ULCC. Ils se demandent bien pourquoi personne n’a jamais été condamné pour blanchiment d’argent en Haïti alors que le blanchiment d’argent est monnaie courante dans le pays. Sous l’Administration de Jocelerme Privert, l’Etat Haïtien avait pris des engagements pour se conformer aux différentes lois et accords sur le blanchiment d’argent établis par l’ONU, les Etats-Unis d’Amérique et le GAFIC, malgré tout, rien de concret n’est fait en Haïti. Les Etats-Unis d’Amérique ont même donné un appui considérable à l’UCREF, malgré tout, la situation se détériore. Les Haïtiens ne comprennent pas le bien-fondé de la MINIJUSTH en Haïti. Cette mission des Nations Unies est chargée de renforcer la justice haïtienne pour la porter à être proactive afin que des fléaux comme le blanchiment d’argent puissent être combattus et stoppés. Quand la semaine dernière, l’Etat Haïtien ayant à sa tête un homme inculpé pour blanchiment d’argent qui essaie de faire obstruction à la justice dans le dossier de vol Petrocaribe, c’est une déclaration de guerre que les bandits légaux ont fait à l’ONU, aux Etats-Unis d’Amérique et au GAFIC.

 

Les Etats-Unis d’Amérique qui contrôlent le dollar et qui est en est le propriétaire a réagi. Je veux bien expliquer à mes compatriotes les enjeux ici présents. Quand une infraction est commise et c’est avec le dollar comme monnaie, les Etats-Unis d’Amérique ont toute la latitude pour appréhender le ou les suspects. Dans le cas d’Haïti, les Etats-Unis d’Amérique et le GAFIC ont fini par réaliser que le gouvernement haïtien ou l’Etat Haïtien ne fera rien pour combattre le blanchiment d’argent et la corruption, alors la superpuissance intervient pour mettre de l’eau dans le vin des bandits légaux. Plusieurs réunions ont eu lieu avec les acteurs haïtiens depuis le début de l’année et les Américains les ont demandés de faire le retrait du billet vert du circuit économique d’Haïti. Il n’est un secret pour personne qu’en 2016, le GAFIC avait annoncé des sanctions pour les banques haïtiennes qu’on allait empêcher de faire des transactions internationales. Le problème n’a jamais été résolu, mais les banques haïtiennes et l’Etat Haïtien ont dépensé gros dans le lobbying auprès des instances internationales. Mais, aujourd’hui avec l’Administration Trump, van an vire. L’étau va se resserrer autour du cou des trafiquants de cocaïne, des blanchisseurs d’argent, des trafiquants d’armes, des trafiquants d’organes humains et des contrebandiers en Haïti. Si l’inculpé Jovenel Moise ne gère pas ce dossier à tête reposée, il risque de se retrouver en prison aux Etats-Unis d’Amérique avant la fin de son mandat.

 

Je ne suis pas autorisé à divulguer certaines informations, mais je voudrais dire aux éléments de la classe moyenne de faire très attention avec leur épargne. Le marché haïtien est trop volatile pour investir dans des entreprises financières. Rien que hier, je parlais à une responsable de la bourse de la Jamaïque qui m’a fait savoir que des hommes d’affaires haïtiens ont essayé de faire entrer leur entreprise dans la bourse jamaïcaine sans succès, car Haïti est un pays qu’on ne peut pas faire confiance. Un pays instable avec une économie informelle ne peut pas avoir des entreprises financières où l’on fait de la spéculation. La plupart des financiers haïtiens sont très activement impliqués dans le blanchiment d’argent. Les Etats-Unis d’Amérique ont produit plusieurs rapports sur le secteur bancaire et financier haïtien. Heureusement, que nous avons accès à des informations clés là où nous sommes, nous ne sommes pas dupes. Quand des arnaqueurs montent au créneau en Haïti pour rassurer le peuple et renforcer les blanchisseurs d’argent, ils le font pour leurs intérêts mesquins. Aucun économiste ne peut prédire ce qui va se passer, mais nous pouvons dire sans ambages que dans quelques semaines, l’hyperinflation sera au rendez-vous. La situation de monopole va se renforcer et les élites répugnantes vont devenir plus riches puisqu’ils vont chercher à augmenter les prix de tous les produits importés. Le dollar va être rare sur le marché haïtien. L’Etat Haïtien n’a pas les reins qu’il faut pour implémenter la mesure de faire de la gourde la monnaie nationale exclusive.

 

Si l’Etat Haïtien, le secteur bancaire et les blanchisseurs haïtiens croient que le GAFIC, les Etats-Unis d’Amérique bluffent, ils n’ont qu’à attendre le mois de Mai pour enfin comprendre la direction que l’Administration de Donald Trump veut prendre. Nous finirons par drainer le marais en Haïti. Les blanchisseurs d’argent en Haïti sont dans le collimateur de la justice américaine. La BRH est avertie, et dans un avenir pas trop lointain, même le Conseil de la BRH peut être viré. Nous attendons les signaux de la Maison Blanche. C’est inacceptable que les Syro-Libanais et les Syro-Juifs financent le terrorisme international à la barbe des Etats-Unis d’Amérique. Le président Donald J. Trump n’est pas un imbécile. Il finira par contrôler la situation en Haïti. Les intérêts américains sont convergés avec les intérêts suprêmes de la nation haïtienne. Les Etats-Unis d’Amérique n’ont pas d’autres choix que de neutraliser les bandits légaux en Haïti. Nan pami diri, ti wòch goute grès. Il y aura des pleurs et des grincements de dents. Yo fenk kare voye pye, yo fenk kare site non nou nan radyo, fè kòlè pou granmesi, nou pa egare. Haïti ne peut pas rester sous l’emprise des trafiquants de drogue et des blanchisseurs d’argent à jamais. Un chef d’Etat qui a un dossier pendant par devant la justice pour blanchiment d’argent, peut-il combattre le blanchiment d’argent ? D’après des recherches, il y a une corrélation entre la culture de la banane et le blanchiment d’argent. Jovenel Moise aura à rendre des comptes sous peu aux autorités américaines sur le fonctionnement de l’AGRITRANS qui n’est rien d’autre qu’un vaste projet de blanchiment d’argent. Peuple haïtien, je vous ai donné toute la vérité sur cette affaire de politique monétaire, à vous de prendre les décisions qui s’imposent pour forcer les bandits légaux à arpenter la voie de la bonne gouvernance, sinon vous risquez de périr tous comme des imbéciles.

 

Kerlens Tilus    03/06/2018

Futurologue/ Templier de Dieu

Snel76_2000@yahoo.com

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