La dialectique des armes n’est pas une option en Haïti

 

 

La dialectique des armes n’est pas une option en Haïti

 

Pour Pythagore, savoir c’est pouvoir; aimer c’est créer; être c’est rayonner la vérité et la beauté.

 

J’écris pour trois catégories de gens : 1) les jeunes haïtiens qui cherchent des réponses à des questions multiples et qui ont grand besoin de bons modèles. 2) les intellectuels noirs de la classe moyenne qui se comportent en larbins face aux élites de ce pays et ceux qui vivent dans la passivité, dans l’opportunisme et le sousouisme. 3) les retraités tant en Haïti que dans la diaspora qui veulent mettre leurs connaissances au service du pays. Je me bats pour les plus pauvres, mais je ne les considère pas comme des alliés au prime abord. Un jour j’aurai à écrire un texte sur l’ingratitude des masses et pourquoi un révolutionnaire ne saurait compter sur le peuple dans la préparation et dans l’exécution de sa mission révolutionnaire. Le peuple devient un allié sûr quand on l’aura libéré des thuriféraires et des méchants. Depuis tantôt six mois, des jeunes m’écrivent pour me parler de révolution armée en Haïti. J’ai toujours pris le soin de leur dire que je ne supporterai aucune violence physique en Haïti même quand je ne cautionne pas la violence structurelle faite sur les jeunes et la population en générale. Tous ceux qui pensent à une révolution armée en Haïti font partie de deux catégories : 1) soit ils sont dans l’incapacité de saisir la géopolitique internationale et de comprendre les causes et les dessus des grandes révolutions mondiales. 2) soit ils sont des larbins, des assassins en mission commandée qui aimeraient bien identifier les jeunes rebelles et les fusiller pour faire plaisir au statu quo salamique et empêcher la vraie révolution de se matérialiser. La prochaine révolution haïtienne ne se fera pas à travers les armes, mais à travers la pensée, le mental, l’âme et l’esprit. Nous prônons une révolution spirituelle. Voilà pourquoi en Février 2019, nous publierons l’ouvrage : « La révolution spirituelle haïtienne » pour situer cette révolution dans l’espace et dans le temps.

Les thuriféraires et les ennemis d’Haïti sont ceux qui cautionnent la violence en Haïti. Même quand on souffre des structures politiques, économiques et sociales mises en place par les grandes puissances qui sont les ennemis d’Haïti, on ne doit jamais entrer dans la logique de la violence, car l’adage dit qui sème le vent récolte la tempête. Si les assassins en Haïti ont pu tuer un général brésilien, responsable de la MINUSTAH et couvrir ce meurtre comme un suicide, qui est à l’abri des assassins en Haïti ? L’Ambassade Américaine, le Département d’Etat Américain et la CIA connaissent tous les criminels et les bandits en Haïti. Les jeunes doivent être plus intelligents. Haïti n’est pas producteurs d’armes à feu. Où est-ce que les jeunes des ghettos trouvent ces armes et les munitions ? Même la Police Nationale d’Haïti ne possède pas les armes de guerre que possèdent les politiciens, les assassins de la bourgeoisie haïtienne qui se disent hommes d’affaires. Dans un document qu’on peut trouver sur Google titré : «Gang violence in Haïti », les auteurs de l’étude ont avancé que les politiciens et les hommes d’affaires ont le monopole de la violence dans le pays. La PNH qui est l’auxiliaire de la justice ne peut pas tenir tête à ces messieurs. Certains me disent que Fidel Castro avait réussi sa lutte armée, je leur dis toute de suite que cela fait plus de soixante ans. Dans le monde actuel, aucune lutte armée n’est possible s’il n’est pas cautionnée par une grande puissance. Le combat pour la libération d’Haïti se fera à travers la plume, le micro et la prédication de la parole de Dieu. Les armes puissantes du nouveau révolutionnaire sont sa conscience, sa volonté, sa détermination et le pouvoir de la prière fervente.

Il est intéressant de rappeler aux jeunes les trois éléments qui font d’un individu un homme debout ou un révolutionnaire : 1- La conscience de soi  2- La confiance en soi  3- L’affirmation de soi. « L’expression “conscience  de soi”  peut avoir deux sens : 1. Elle désigne la connaissance qu’a l’homme de ses pensées, de ses sentiments et de ses actes. 2. Elle désigne la capacité qu’a l’homme de faire retour sur ses pensées ou ses actions.  Généralement on considère que la conscience de soi est le propre de l’homme. La conscience de soi institue l’homme comme un sujet, c’est-à-dire comme un être entretenant des rapports particuliers au monde et à lui-même, qui le distinguent des autres espèces vivantes. L’ensemble de ces rapports particulier est généralement désigné sous le terme de “pensée” (Descartes) ou de spiritualité (Hegel). »

La confiance en soi c’est le fait de croire en ses capacités et d’agir toujours pour actualiser ses potentiels. La majorité des Haïtiens n’a pas la confiance en soi. Quand on est confiant, on ne va pas se laisser mener sur la voie de la corruption. Le professionnel confiant croit que partout où il va, il pourra gagner son pain de par ses efforts. Il n’est pas prêt à vendre son âme. L’intellectuel haïtien croit qu’il doit se mettre toujours au service d’un blanc ou d’un manitou qui doit lui garantir un mieux-être. L’homme qui a la confiance en soi croit dans ses capacités et est convaincu, malgré les impedimenta de la vie qu’il y aura toujours des opportunités à saisir. Les conséquences d’un manque de confiance en soi sont nombreuses. L’individu est réduit à l’état d’un zombie et est prêt à tout faire pour se dénaturer. L’individu vit dans une bulle et est prêt à se prostituer. L’individu a du mal à reconnaitre ses valeurs intrinsèques et à compter sur ses forces. La pratique de la spiritualité permet de renforcer la confiance en soi. Quand on croit en un Dieu créateur qui est infaillible, on est porté à croire qu’on est invincible et on avance sur le chemin de la vie à pas joyeux. Nous devons prier pour que nos frères et sœurs haïtiens puissent cesser de se comporter en larbins. Le larbinisme dénature et chosifie l’homme. C’est le véritable problème de l’école haïtienne. Nous formons des larbins dans notre système éducatif. C’est ce que les ténors des écoles congréganistes refusent d’accepter. Le problème est réel et on le vit quotidiennement. Si nous n’avons pas une élite qui s’assume c’est parce que tout simplement les éléments qui devraient composer cette élite sont dénaturés, sont zombifiés et aliénés même.

« L’affirmation de soi c’est savoir exprimer son opinion, ses sentiments et ses besoins. C’est exprimer ce que nous ressentons. L’affirmation de soi est une attitude intérieure qui consiste à croire que nous avons une valeur. C’est le pouvoir d’agir face à ses besoins, à son environnement. » C’est malheureux que nous, Haïtiens, nous ne nous affirmons pas. Nous avons toujours peur du Blanc, peur de l’autre. C’est ce sentiment qui nous pousse à être délateurs, à devenir vendeurs de patrie. Nous préférons cacher nos sentiments, nos besoins au lieu de les exprimer au grand jour. C’est en connaissance de cause que je dis dans mon livre : « Des réflexions au-delà de la censure, Tome 1 » que tous les Haïtiens sont fous et la plupart sont fous aliénés. L’aliénation nous empêche d’être nous-mêmes. Nous exprimons toujours le contraire de ce que nous sommes. Dans un pays où les hommes s’affirment, il y a des braves qui élèvent la voix pour dénoncer les abus, les méfaits et ils agissent aussi. En Haïti, nous sommes consumés par la corruption, mais hélas, les gens s’en foutent pas mal. Le peuple démissionne carrément, car il croit que ses actions ne lui mèneront nulle part. Quand un peuple est désespéré, c’est le comble. L’espoir fait vivre, dit-on. Nous devons encourager les jeunes à s’affirmer, à utiliser les réseaux sociaux à bon escient pour exprimer leurs idées, leurs frustrations et échanger sur la nouvelle Haïti qu’ils voudraient voir et dont ils rêvent tous. Nous devons cultiver l’altruisme en nous et avoir le sentiment de l’honneur. J’écris chaque jour, non pas parce que je gagne quelque chose, mais parce que je suis animé tout simplement d’un désir de bien faire et de contribuer au relèvement de mon pays. Une force intérieure me pousse à parler et à agir. J’entends une voix au fond de mon cœur qui me dit : veux-tu aimer et servir, et je réponds toujours volontiers : oui, je le veux. Alors, je sers mon pays.

Il y a entre les hommes une diversité qui provient de l’essence primitive des individus ; il y en a une autre, nous venons de le dire, qui provient du degré d’évolution spirituelle qu’ils ont atteint. A ce dernier point de vue, on reconnait que les hommes peuvent se ranger en quatre classes, qui comprennent toutes les subdivisions et toutes les nuances. 1) Chez la grande majorité des hommes, la volonté agit surtout dans le corps. On peut les nommer les instinctifs. Ils sont propres non seulement aux travaux corporels, mais encore à l’exercice et au développement de leur intelligence dans le monde physique, par conséquent au commerce et à l’industrie. 2) Au second degré du développement humain, la volonté et par suite la conscience réside dans l’âme, c’est-à-dire dans la sensibilité réactionnée par l’intelligence, qui constitue l’entendement. Ce sont les animiques ou les passionnels. Selon leur tempérament, ils sont propres à faire des hommes de guerre, des artistes ou des poètes. La grande majorité des hommes de lettres et des savants sont de cette espèce. Car ils vivent dans les idées relatives, modifiées par les passions ou bornées par un horizon limite, sans s’être élevés jusqu’à l’idée pure et à l’universalité.

3) Dans une troisième classe d’hommes beaucoup plus rares, la volonté a pris l’habitude d’agir principalement et souverainement dans l’intellect pur, de dégager l’intelligence dans sa fonction spéciale de la tyrannie des passions et des bornes de la matière, ce qui donne à toutes leurs conceptions un caractère d’universalité. Ce sont les intellectuels. Ces hommes font les héros martyrs de la patrie, les poètes de premier ordre, enfin et surtout les vrais philosophes et les sages, ceux qui, selon Pythagore et Platon, devraient gouverner l’humanité. En ces hommes, la passion n’est pas éteinte, car sans elle rien ne se fait ; elle constitue le feu et l’électricité dans le monde moral. Seulement, chez eux, les passions sont devenues les servantes de l’intelligence, tandis que dans la catégorie précédente l’intelligence est le plus souvent la servante des passions. 4) Le plus haut idéal humain est réalisé par une quatrième classe d’hommes, qui a la royauté de l’intelligence sur l’âme et sur l’instinct ont ajouté celle de la volonté sur tout leur être. Par la domination et la possession de toutes leurs facultés, ils exercent la grande maitrise. Ils ont réalisé l’unité dans la trinité humaine. Grace à cette concentration merveilleuse, qui ramasse toutes les puissances de la vie, leur volonté, en se projetant dans les autres, acquiert une force presque illimitée, une magie rayonnante et créatrice. Ces hommes ont porté divers noms dans l’histoire. Ce sont les hommes primordiaux, les adeptes, les grands initiés, génies sublimes qui métamorphosent l’humanité. Ils sont tellement rares qu’on peut les compter dans l’histoire ; la Providence les sème dans le temps à de longs intervalles, comme les astres dans le ciel.

Jeunes de mon pays, je comprends vos peines et vos chagrins et je les vis même à distance. L’état actuel du pays est un état voulu par les Etats-Unis d’Amérique, la France et le Canada ; les élites économiques répugnantes ; les larbins de la classe moyenne ; les intellectuels noirs de la classe moyenne ; les leaders religieux du christianisme ; les magiciens du vodou et de la franc-maçonnerie ; et les dirigeants politiques et les hommes et femmes politiques du pays. Chers jeunes, vous êtes l’objet d’un vaste complot qui peut être appréhendé que si vous êtes animés de l’Esprit Saint. Vous avez affaire à des animaux et non à des « moun ». Ils sont toujours prêts à déchirer, à tuer et massacrer. Ils sont si prêts de la nature qu’il ne faut par les suivre dans leur tendance bestiale. Nous réfléchissons avec vous et nous voulons trouver un issu favorable aux problèmes et impedimenta dont vous êtes confrontés. Il y a trois moyens de résoudre le dilemme haïtien. 1) Vous devez apprendre à vivre comme des gens justes, honnêtes et intègres. Vous devez faire de votre mieux pour vous instruire. Aujourd’hui, grâce aux nouvelles technologies de l’information, vous pouvez utiliser des moteurs de recherche comme Google et Youtube pour vous instruire. Il y a des universités libres en ligne, Formez-vous chers jeunes.  2- Vous devez apprendre à vous prendre en mains et à faire l’unité dans la diversité. Faites du motto l’union fait la force votre boussole. Ecartez de vous toute idée de vengeance et de haine pour les bourreaux qui vous assassinent et qui vous tiennent attachés à la misère. 3- Il faut apprendre à vivre votre spiritualité. Vous êtes créés à l’image de Dieu et ce Dieu doit pourvoir à vos besoins. Le seul moyen de contacter ce Dieu est par le moyen de la prière et de la lecture de la Sainte Bible. Les assassins de la plume ont essayé tant soit peu de promouvoir l’athéisme dans la société haïtienne, mais il n’arrive pas à implanter ces idées vu que l’athéisme est une chimère.

Nous avons eu trois grandes révolutions à la fin du 18eme siècle dans le monde : 1-la révolution américaine 2- la révolution française  3- la révolution haïtienne. La révolution haïtienne est la plus grande de ces révolutions. Si pour les deux premières ce sont des hommes de même race qui voulaient renverser l’ordre des choses, pour la révolution haïtienne ce sont des esclaves noirs qui disaient non à l’esclavage institué par des blancs. Si les ténors des deux premières révolutions voulaient la liberté pour des gens qui leur ressemblaient, la révolution haïtienne était vouée à tous ceux qui voulaient devenir libres et qui voulaient avoir une terre d’accueil où ils pouvaient vivre libres et dans le bonheur. Nous avons renversé l’ordre des choses en Haïti. Les thuriféraires ont grand peur parce qu’ils ont réalisé qu’il y a des jeunes comme moi qui comprennent leur jeu et qui peuvent expliquer brillamment le dilemme haïtien. Ils traitent nos écrits de charabia. Un jour, ils mordront leur pouce et ce jour n’est pas loin. Nous allons faire la révolution spirituelle et la révolution mentale, condition sine qua non pour arriver aux révolutions sociale, politique et économique. Haïti redeviendra Ayiti, terre de haute montagne, terre sacrée et terre des hommes debout. Nous devons tout simplement lutter ; nous devons apprendre à vivre en frères. Nous condamnons toute forme de violence même par rapport à nos bourreaux. Ceux qui veulent prendre les armes peuvent agir, mais ils doivent savoir qu’ils n’auront pas le support de Dieu dans cette initiative. Au 18ème siècle, nos ancêtres n’avaient pas d’autres choix ; mais aujourd’hui nous pouvons mener une lutte pacifique avec la diplomatie et le lobbying comme armes puissantes.

La jeunesse est la force vitale d’Haïti vu que plus de la moitié de la population est jeune. Nous devons apprendre à nous tenir debout comme des hommes sensés, capables qui sont des « moun » à part entière. Haïti a trop de ressources pour ne pas briller de mille feux. Nous partons en guerre pour gagner et non pour continuer à nous enfoncer dans le marasme. Prions le Dieu de nos pères, ce Dieu qui ne fait acception de race et de couleur ; ce Dieu qui nous a donné l’indépendance en 1804 et qui nous donnera la deuxième indépendance. Evitons les amalgames et les pièges tendus par nos ennemis. Faisons confiance à Dieu. Que la Lumière soit !

Kerlens Tilus   02/10/2018

Futurologue/ Templier de Dieu

Snel76_2000@yahoo.com

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