Guy Philippe placé sous l’autorité de 4 agents de probation.Retrait de plus de USD 100 millions

                                                                                   picture Guy Phillipe with partner president Jovenel Moise

 

Guy Philippe placé sous l’autorité de 4 agents de probation

Par Léo Joseph La date du 5 juillet arrive à grands pas. C’est le jour où le sénateur élu de la Grand’Anse a rendez
vous au tribunal fédéral, quand sera prononcée sa sentence. En attendant, il est placé sous l’autorité de quatre agents de probation chargés de surveiller ses comportements et d’épier ses propos, en vue d’établir s’il y a motifs d’alléger sa peine ou de la rendre plus sévère. En attendant ce jour, il subit des séances d’interrogatoire sur une base régulière, histoire de lui arracher les informations qui manquent sur d’autres personnes en Haïti se trouvant dans le collimateur de la justice fédérale. En effet, à tour de rôle, ou parfois deux ou même trois à la fois, les agents de probation passent des heures avec le prévenu cherchant à obtenir des information additionnelles concernant des faits sur des personnes dont les cas ont été abordés au cours de séances antérieures. Un tel procédé vise à établir la véracité des faits dénoncés ou bien s’il aurait tenté de donner le change aux autorités.

 

Une attitude bon enfant

On affirme, dans l’entourage des procureurs fédéraux, que Philippe affiche une attitude bon enfant et qu’il apporte une collaboration sans faille avec les autorités. Car les révélations qu’il a faites concernant certains individus avec qui il évoluait dans des domaines cri minels, ou bien dont il était au courant des activités illicites se sont révélées exactes. On laisse croire qu’il a fait des aveux qui concernent une gran de variété d’actes criminels, identifiant les meneurs, apportant des détails pertinents sur des individus identifiés, ou encore corroborant des faits à lui soumis. On laisse croire que, grâce à la collaboration assurée par Guy Philippe, il faut s’attendre bientôt à un « raz de marée » social en Haïti, tant que l’intéressé a dénoncé des membres de la haute société impliqués dans des pratiques criminelles. En Haïti, beaucoup de gens gardent depuis de longue date cette opinion. Ils ne vont pas attendre encore trop longtemps pour connaître la vérité.

 

On explique que, en tant que haut gradé de la Police, Guy Philippe avait joué des rôles différents dans le monde criminel, ayant servi des responsables d’entreprises diver ses. On prétend que, sa fonction lui permettait de rançonner des trafiquants et de con naî tre l’identité des gros trafiquants. Donnant dans le blanchiment des avoirs lui-même, il connaît bien les banquiers qui s’adonnent à cette activité. Et pour avoir participé à un soulèvement militaire, les trafiquants d’armes ne lui sont pas étrangers. D’autre part, se trouvant parfois en possession de fortes sommes d’argent provenant de transactions illicites, Guy Philippe est en mesure d’identifier les banquiers haïtiens qui recevaient ses dépôts provenant de l’argent sale.

 

Selon d’autres sources proches des procureurs fédéraux, ces derniers ont une liste de banques haïtiennes qui ont accepté d’héberger les bénéfices du trafic de stupéfiants dans leurs institutions. Grâce à la collaboration de Philippe, les procureurs fédéraux pen
sent qu’il sera possible de poursuivre ces gens sans courir le risque de les voir renvoyés hors de cause.Aussi, laisse-t-on croire, fait-il des révélations spectaculaires sur les personnes qui ont participé à de telles activités, allant jusqu’à donner des preuves capables de renforcer les cas présentés au tribunal. Il est donc aisé de comprendre pourquoi certains juristes pensent qu’il est possible que Guy Philippe reçoive une sentence légère comparée à ce qui lui aurait été réservée s’il persistait à plaider non coupable et à agir sous la dictée de ses amis et alliés restés en Haïti, et qui passaient le plus clair de leur temps à durcir l’attitude du sénateur élu de la Grand’Anse.Au fur et à mesure qu’ avan ce la date du 5 juillet, les personnes haïtiennes,  hom mes et femmes, qui évoluent dans la pègre ne peuvent dormir à poings fermés, car ne sachant pas s’ils n’ont pas été mis sur la liste des accusés. Il faut croire que les aveux faits par Guy Philippe pourraient aider la communauté internationale dans sa lutte contre le blanchiment d’argent. La prochaine réunion du Groupe d’action financière de la Caraïbe (GAFIC) étant projetée avant la prononciation de la sentence de M. Philippe, il est possible que les révélations de ce dernier offrent à cette institution des arguments lui permettant de sévir contre des institutions bancaires haïtiennes qui ont systématiquement violé les règlements anti-blanchiment.

 

On se demande si un retrait de plus de USD 100 millions effectué récemment d’une ban que haïtienne n’inspire la crainte que Guy Philippe n’ait passé à table au détriment de celle-ci.

L.J.

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