HAITI MANZANNARES DRUG : Marc Antoine Acra et ses complices inculpés

 

 

 

 

HAITI MANZANNARES DRUG : Marc Antoine Acra et ses complices inculpés

Dans quasiment tous les pays du monde, la roue de la justice tourne au ralenti. En Haïti, elle mar che à un rythme terriblement lent. Présentement, plus d’un an après l’éclatement de l’affaire d’un bateau battant pavillon panaméen transportant une cargaison de sucre de la Colombie où étaient dissimulées des tonnes de drogue, le juge instructeur a rendu son ordonnance de clôture. Un des hommes d’affaires que l’ex-président haïtien Michel Martelly faisait passer pour un modèle de progressiste, Marc Antoine Acra, ainsi que d’autres personnes ac cu sées dans cette affaire, dont un de ses frères, sont « inculpés pour trafic de drogue». Cette décision ouvre une boîte de Pandore, car la justice américaine, dont les agents étaient à l’origine de la découverte de la marchandise illicite, suit pas à pas l’évolution du dossier, histoire d’établir les responsabilités d’autres acteurs dont l’implication constitue des violations de lois américaines sur le commerce et l’opération de ports maritimes. En effet, selon le verdict du juge Berge O. Surpris, Marc Antoine Acra, Sébastien François Xavier Acra (frère de ce dernier) et Grégory Georges (alias TiKetan), sont inculpés pour « trafiillicite de la drogue». Tandis que Fedner Doliscar (surnommé Sur pris) et Jacquelin Wilfrid (autrement dit Bouboul) sont accusés de « complicité de trafic illicite de drogue».        L’arrestation immédiate des accusés ordonnée La sentence de clôture du juge Surpris rendue le 29 juillet 2016, et transmise au commissaire du gouvernement, deux jours plus tard, pour les suites nécessaires, ordonne que soient immédiatement mis aux arrêts tous les accusés sans exception. Tel que explicité dans les dispositions les concernant : « En conséquence, les renvoyons au tribunal criminel siégeant sans assistance de jury, pour être jugés au vœu de la loi du 7 août 2001 et de l’article 44 et 45 du Code pénal ». Et le juge d’instruction Surpris d’ajouter « (…) qu’ils soient pris de corps et déposés à la prison civile de Port-au-Prince s’ils ne s’y trouvent déjà, ordonnons en outre que toutes les pièces de la procédure ensemble la présente ordonnance soient transmises au commissaire du gouvernement, pour être fait ce que de droit.

 

Tandis que Grégory Georges, Fedner Doliscar et Jacquelin Wilfrid pourraient se retrouver en Haïti, d’aucuns pensent qu’il y a de fortes chances que les deux Acra accusés dans le dossier se trouveraient à l’étranger. On laisse croire que suite à la révocation de l’ordre d’interdiction de départ passé contre Marc Antoine Acra, par le commissaire du gouvernement Jean Danton Léger, il y a quelques mois, il se serait précipité pour quitter le pays en prévision de cette décision du juge Surpris. Dans une telle éventualité, M. Léger a fait savoir que la Police international (Interpol) s erait mise sur leur piste afin qu’ ils soient déférés à la justice.

 

À cet égard, il y a lieu de sig naler que Marc Antoine Acra au rait eu déjà en sa possession un passeport diplomatique au mo ment où fut publié, le 6 janvier 2016, l’arrêté présidentiel nommant ce dernier « ambassadeur de bonne volonté». Dans l’hypothèse où, dans la confusion qui caractérise l’administration provisoire mise en place par le Parle ment haïtien, en la personne de Jocelerme Privert, la nomination du responsable de la NABATCO n’ait été ordonnée, il y de fortes chances que M. Acra possède en core un passeport diplomatique. Ce qui pourrait faciliter ses déplacements à l’étranger. Car si, pressentant la décision du juge Surpris contre lui, il agit délibérément pour se soustraire à la justice haïtienne, il est possible qu’il se soit rendu dans un pays n’ayant pas de réciprocité avec Haïti en matière d’extradition. Dans le même or dre d’idées, une source crédible a révélé que Sébastien François Xa vier Acra aurait été nommé con sul à Turks & Caicos, à la clo che de bois, également par le régime Martelly.

 

D’aucuns pensent que les deux Acra inculpés brilleront par leur absence au tribunal, dans le cadre de leur procès. Mais s’il faut se fier aux rumeurs qui courent dans l’entourage de Marc An toine Acra, il aurait été en va cance en Suisse au moment où le juge Surpris donnait son verdict. Ceux qui avancent la thèse d’une éventuelle dérobade de ces mem bres de la dynastie Acra ont révélé que le responsable de la NA BATCO aurait pris les dispositions pour s’établir en Républi que dominicaine avec sa famille.

 

L’affaire  du Manzanares : La justice fédérale en contrôle À l’origine de la surveillance du Manzanares, depuis son port d’ em barquement, en Colombie, jus qu’à son arrivée au Terminal Varreux, à Chancerelles (Port-auPrince), après une longue escale au Panama, les agents de la Drug Enforcement Administration (DEA) avaient le cargo illicite sous surveillance 24 heures sur 24. Ce qui démontre l’intérêt de la justice américaine dans le dossier. D’abord, des officiels du système judiciaire fédéral suivaient de très près le cheminement du dossier du « Bateau sucré », ayant eu constamment sous les yeux les personnes sous investigation aussi bien que celles qui avaient la responsabilité d’éplucher le dossier. D’ailleurs, ils ne manquaient pas d’intervenir pour éviter les ef fets nocifs de certaines « propositions indécentes» qui ont été fai tes en vue d’influencer la décision du juge d’instruction.

 

Dans les milieux proches des procureurs fédéraux, on explique que, dans le cas de ce bateau im matriculé au Panama,  le nom bre de personnes impliquées dans la transaction et la quantité de dro gue embarquée à bord du bateau faisaient de cette expédition la plus importante jamais réalisée par la pègre haïtienne. D’où l’importance des ressources investies dans l’opération qui, selon des agents fédéraux, a pour objectif d’asséner un coup mortel au trafic de drogue illégal en Haïti. C’est pourquoi, les autorités judiciaires fédérales ont tout mis en œuvre pour que la justice haïtienne se montre à la hauteur de la tache, tout au moins, dans cette affaire. Surtout que la surveillance menée autour de cette entreprise a révélé la participation, non seulement d’hommes d’affaires appartenant à des familles aisées et connues, mais aussi à des officiels haut placés dans l’administration du pays. Toutes ces considérations fai tes, l’ordonnance de clôture du juge d’instruction Berge O. Sur pris apporte une aide précieuse à l’avancement de l’affaire du Man zanares dans le système judiciaire américain. Aux yeux des Américains, les conclusions de ce magistrat permettent à la justice américaine de suppléer aux failles et faiblesse du système judiciaire haïtien.

 

En effet, explique-t-on, dans les milieux proches des procureurs américains, à partir du verdict du juge Surpris, il serait possible de mobiliser les ressources fédérales afin d’aider à appréhender tout accusé qui chercherait à se soustraire à la justice haïtienne. Sur ces entrefaites, si les frères Acra réagissent comme on le pense, le procès se déroulera avec seulement trois accusés, savoir Grégory Georges (alias Ti-Ketan) ainsi que Fedner Doliscar (surnommé Surpris) et Jacquelin Wilfrid.

 

L’ordonnance du juge Surpris concerne les importateurs et les vendeurs avec leurs complices

Dans son ordonnance de clôture, le juge instructeur a renvoyé hors de cause tous les étrangers qui faisaient partie de l’équipage du Man zanares pour insuffisance d’indices et de charges. De même que tous les membres du personnel du Terminal Varreux, qui étaient concernés dans le cadre de l’enquête. Il s’agit de Jean Fritz Bernard Mevs, Allen Rosier, Marie Kettely H. Melon et Gérald Luc, alias Gatesa. Tandis que TiKétant est envoyé par devant son juge naturel, inculpé sous les mêmes rubriques que les frères Acra.

Le Terminal Varreux face à la justice fédérale L’enquête du juge instructeur semble avoir été portée exclusivement sur les importateurs de plu
sieurs opérations de vente, au cours des mois qui ont précédé le méga chargement de stupéfiants transporté par le navire panaméen.

 

La grande question à se poser maintenant : les opérateurs du Ter minal Varreux vont-ils s’en tirer indemne de cette aventure cauchemardesque ? La foi fédérale sur la navigation et l’opération de ports maritimes stipule que tout bateau trouvé en flagrant délit de transporter de la drogue ne peut entrer dans un port des ÉtatsUnis. Bien sûr, les cas sont différents. Dans le celui, spécifique, du bateau panaméen, des membres du personnel du Terminal Var reux ont déclaré avoir participé au trafic de la cocaïne (Ti-Kétant); tandis que d’autres sont accusés de complicité  du commerce de

 

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